Attention! Article à haut potentiel en suspens!
Hier je suis allée au supermarché.
(Je t’avais prévenue. Ça déménage par ici.)
Trêve de plaisanterie (enfin peut être que certaines essaieront de se taper l’incrust, je peux pas prévoir). Si je te dis ça, ce n’est pas pour faire de l’ombre au célèbre ‘Aujourd’hui, j’ai mangé une pomme‘. Non c’est parce que comme je suis allée au supermarché, je suis aussi passée à la caisse (de rebondissement en rebondissement, n’est ce pas!).
Et donc: file d’attente + femme enceinte de plus de 7 mois = priorité ou pas priorité? (Ah, ah, tu vois qu’il y avait un but à ma construction Hitchcockienne!)

Enfin un qui a tout compris!
Ma politique à moi est la suivante: je suis enceinte de beaucoup de mois, ça se voit (voire ça crève les yeux tellement je suis énorme… Mes yeux à moi sont pas crevés mais ils pleurent quand ils voient mon ventre la montagne qui me sert de ventre) et donc si les gens devant moi souhaitent me laisser la priorité, ils le feront. D’eux même je veux dire. Et si ils le font pas tant pis, j’irai pas pleurer.
Sauf que visiblement c’est une politique toute pourrite. La preuve par l’exemple:
Situation 1:
Je suis dans un grand hypermarché. Il y a du monde au caisse (vive Noël). Je choisis (intentionnellement comme le mot choisir l’indique) une caisse prioritaire femmes enceintes et handicapés. Je me mets sagement dans la queue en espérant que les personnes devant me laisseront passer.
Et me fais la réflexion que je suis bien naïve quand même vu que personne ne bouge. Au bout de quelques minutes, la personne devant m’indique que je devrais aller à une caisse prioritaire. Donc là forcément je lui montre le panneau et lui dis que nous sommes déjà à une caisse prioritaire. Sur le coup, elle est obligée de me laisser passer.
Et je me fais limite engueuler: ‘Il faut le dire aussi, on ne peut pas deviner (ben oui tu penses, j’ai naturellement la circonférence de Hardy…). Et puis, parfois, les femmes enceintes ne veulent pas qu’on leur laisse la place parce qu’elles nous répètent qu’elles ne sont pas handicapées (et c’est pour ça que je suis allée à une caisse prioritaire d’ailleurs. Et puis même si ça avait été le cas, ça n’empêche pas de proposer, j’aurais juste décliné poliment.)’ Et la personne derrière moi de surenchérir en disant qu’il fallait que je fasse valoir mes droits. Sachant qu’à aucun moment, je ne me suis plainte du fait qu’on ne m’ait pas laissé passer (à haute voix en tout cas) je n’ai pas bien compris pourquoi je méritais ce laïus. Le plus ‘drôle’, c’est que la nana qui m’avait laissé passer voulait que les gens devant elle me laissent la place (attends pas de raison qu’il n’y ait qu’elle qui trinque non mais!). Alors même que ces personnes avaient déjà vidé leur caddie sur le tapis. Je te laisse imaginer le bazar si j’avais voulu les déloger à tout prix…
Et puis, comme les gens qui m’ont ‘laissée’ passer et la fille derrière moi avaient des atomes crochus, ils ont embrayé sur ‘Y a plus de respect ma pov dame.’ et en moins de 20 secondes on en était à l’insécurité. Impressionnant. On ne m’enlèvera pas de l’idée que le ‘Il n’y a plus de respect de nos jours’ assené alors qu’ils m’ont regardée un bon moment avec mon gros ventre sans bouger d’un iota avant de se faire ‘avoir’ par un panneau qu’ils n’avaient pas vu est d’une hypocrisie finie.
Situation 2 :
Hier donc je vais au supermarché (on y revient). C’est un petit supermarché ce coup ci qui est à 10 minutes à pied de chez moi. On y est passées avec Miss B pour acheter un peu de boisson (tu vois que je ne résiste pas à l’envie de te raconter des anecdotes passionnantes de ma vie tout de même). Comme c’est un petit supermarché, il n’y a pas de caisse prioritaire à strictement parler. Nous arrivons à la caisse (blindée) avec un combo que j’imagine gagnant: bébé de 18 mois en poussette (qui s’impatiente – le bébé pas la poussette hein, elle elle est très patiente) + 4 articles en tout et pour tout + maman enceinte de 7.5 mois. Au feeling, tu pourrais imaginer qu’on va nous laisser passer. Et fidèle à ma maxime (toute pourrite je te le rappelle), je ne dis rien. Et donc, fatalement, malgré des regards appuyés des gens devant moi (surement en train de déterminer si je cachais un oreiller sous ma tunique ou si j’étais vraiment enceinte), je reste à ma place. Et je ne dis toujours rien.
Au moment de passer à la caisse, la caissière me dit: ‘N’hésitez pas à nous signaler que vous êtes enceinte pour qu’on vous fasse passer. Je suis désolée je ne vous avais pas vue. Je peux même faire ouvrir une caisse pour vous si vous êtes fatiguée.’ J’ai trouvé cette caissière adorable, parce que je me doute qu’elle a autre chose à faire que de scruter sa file d’attente. Mais dans l’absolu je trouve que ce n’est pas à elle de me faire passer devant mais plutôt à mes camarades clients de me laisser ou non la place. Je pense que les caissières ont suffisamment de trucs chiants à gérer comme ça, sans prendre ça sur elles en plus.
Où est ce que je veux en venir moi avec tout ça? Parce que mince ils ont raison les gens! Je demande pas alors je pourrais assumer!
Et bien justement normalement j’assume, je ne fais de reproche à personne. Ce que je n’aime pas c’est quand on m’en veut de n’avoir pas demandé la priorité. C’est comme si les gens avaient l’impression qu’en ne m’accordant pas la priorité alors qu’ils ont vu que j’étais enceinte, ils se mettaient dans une ‘mauvaise’ position. Et ensuite, quand ils sont forcés de me laisser la priorité parce que quelqu’un d’autre me l’a laissée ou que la caissière me fait passer devant, ils se sentent pris en défaut et peut être même un peu humiliés. Si j’avais demandé d’entrée à passer devant, ils ne seraient pas passé pour des ‘méchants’. Limite ça aurait été moi la méchante, vu que j’aurais profité sans vergogne de mon statut (alors que bon je suis pas handicapée hein).
Bon alors peut être que je me plante totalement dans mon analyse, mais c’est vraiment l’impression que je ressens. Qu’en ne faisant pas valoir ‘mes droits’, je les mets dans une position inconfortable:
- Soit ils me laissent passer et ils ont la morale pour eux mais ils m’ont laissé passer sans que je l’ai demandé et donc ça les gratte un peu quand même.
- Soit ils laissent courir en espérant ne pas se faire forcer la main, prenant donc le risque de passer pour des malotrus.
Alors qu’est ce qui cloche? C’est moi et ma politique toute pourrite? C’est les gens et l’égoïsme de notre société (moi je vous le dis, Y a plus de respect! – sic)? C’est la priorité qu’on ne devrait pas du tout laisser aux femmes enceintes? Donne moi ton avis ça m’intéresse!