Je ne suis pas quelqu’un de très soigneux. Et il faut bien le dire, j’ai beaucoup de mal à m’occuper de moi.
J’aimerais m’occuper de moi. Je me dis toujours que je vais m’améliorer, en finir avec mon statut de yéti aux poils ultra résistants, détrôner la myriade de points noirs qui a colonisé mon visage ou encore arrêter de prendre mes ongles pour ma collation de 4 heures (d’ailleurs là juste maintenant je viens de me ronger un ongle… C’est pas gagné c’t'affaire…).
Il arrive donc que j’ai des éclairs cosmétologiques. Je me suis par exemple beaucoup intéressée au mille feuilles, technique provenant du Japon et démocratisée en France par l’excellente Sonia (que vous trouverez dans ma blogroll). Cela me semblait tellement merveilleux que je me suis équipée pour pouvoir mettre en œuvre tout ce chantier (6 étapes quand même), sublimer ma peau pas belle du tout et rendre jalouse toutes les pêches de mon maraîcher.
J’ai très vite vu de réelles améliorations sur mon grain de peau. Mais ces *** de points noirs continuaient à squatter beaucoup trop de zones de mon minois et les pêches continuaient à se moquer de moi. J’ai donc décidé, pour poursuivre cette reconquête du moi, de la beauté et de la séduction, de prendre rendez vous pour un soin du visage (je te dis pas où parce que je suis gentille comme fille).
Je te raconte.
12h00: J’ai rendez vous à 12h15. Je pars du boulot, il ne faudrait pas faire attendre la charmante esthéticienne qui va me transformer en Miss France (ou au moins en miss Languedoc. Je me contenterais même de Miss Village Paumé à vrai dire).
12h15: J’y suis. On me dit que j’avais rendez vous à 12h00. Mais que ce n’est pas grave. Tant mieux hein, ça m’aurait ennuyé de rater mon rendez vous avec la gloire!
12h20: Je me suis désapée du haut comme la gentille dame me l’a demandé. Je trouve que l’éclairage n’est vraiment pas flatteur (il est vraiment si gros mon bourrelet ventral??). Et qu’il fait froid.
12h21: La dame me dit qu’il n’y a pas de chauffage parce que le centre commercial est encore en mode clim. Ça explique le froid, mais pas le bourrelet.
Elle me donne une couverture pour couvrir le dit bourrelet. Il tremblotera moins comme ça, le pauvre petit pas petit.
12h22: La dame me regarde la peau du visage pour établir mon type de peau et me proposer un soin adapté.
12h23: La dame est bien embêtée. J’ai la peau sèche mais en même temps j’ai plein de points noirs. Elle me dit que c’est bizarre.
Je lui dis rien mais je pense que si j’avais pas de points noirs, je serais pas venue. Et qu’elle m’embête avec ses commentaires. Faudrait pas qu’elle continue, on risquerait de se fâcher. Et briser une si belle complicité, ce serait dommage.
12h24: Elle opte pour un soin mixte. De l’hydratant pour partout sauf la zone T où quand même il y a ‘beaucoup de points noirs’. Oui j’avais déjà compris la première fois.
12h30: Je suis installée sous la machine de la mort. La machine qui te prend pour une chemise à défroisser et qui te pulvérise de la vapeur à pleines bouffées en plein sur ton charmant minois. Minois, qui devient écarlate sous la température. Le but c’est de dilater les pores, pour aider à la décolonisation.
12h45: Je suis toujours sous la machine de la mort. Je vais mourir. J’arrive plus à respirer. Visiblement souffrir pour être belle ça ne suffit pas ici, il faut aussi décéder en essayant de devenir belle.
12h47: La dame est reviendue. Elle m’explique que du fait que j’ai tellement, énormément, incroyablement beaucoup de points noirs, elle m’a laissée plus longtemps sous la vapeur.
Être criblée de points noirs c’est donc la double peine: matraquage de commentaires pas cools et si sincères et dose ++ de cramage de tête. Charmant.
12h48: La torture commence. La salope gentille esthéticienne m’attaque avec ses ongles d’acier (c’est la cousine d’Edouard aux mains d’argent, elle a du le mettre sur son CV) afin de déloger les méchants points noirs.
12h49: Je meurs. A bien y réfléchir, c’était pas si horrible cette centrale vapeur. Je pense que j’ai encore besoin d’un peu de Vaporetto. Si, si, j’insiste.
12h52: Je dois saigner de partout j’en suis sûre.
12h54: ‘C’est fou quand même. Vous avez vraiment la peau très sèche et pourtant vous avez quand même plein de points noirs! C’est pas normal je pense.’ Comment te dire, ma chérie… ton avis tu te le carres où je pense. Et profond hein. (Bon évidemment je l’ai pas dit hein, j’ai du dire un truc comme ‘certes’ ou ‘ah’)
12h58: ‘Je vais arrêter là je pense. Parce qu’on peut pas tous les enlever hein, c’est juste impossible là. En plus vous êtes vraiment rouge.’ Vu le feu que je ressens à peu prés partout sur mon visage (même là où je ne pensais pas avoir de comédons d’ailleurs), je veux bien te croire que je suis rouge, andouille ma chère.
13h00: Histoire de me remettre des émotions, un petit masque à faire reposer (avec ronds de coton sur les yeux). C’est froid, gluant et je m’ennuie. Mais au moins je ne souffre pas plus que ça.
13h10: Il me pique quand même beaucoup ce masque. Je me demande si c’est bien normal.
13h15: Ma meilleure amie revient et j’ai droit à un massage de 10 minutes. Ça aurait pu être agréable mais en fait ça me picote furieusement partout où j’ai été molestée.
13h25: Je me rhabille et l’esthéticienne me regarde (après que je me sois rhabillée je te rassure, si elle voulait se rincer l’œil, elle avait qu’à être plus gentille avant). Elle me dit: ‘Vous êtes quand même très très rouge.’ Je dis: ‘Je travaille cet après midi.’
Elle m’annonce qu’elle va me mettre ‘un peu’ de fond de teint pour couvrir cette rougeur qui n’en finit plus de ne pas partir (bizarrement ma peau n’aime pas qu’on la maltraite ainsi, franchement je comprends pas). Et s’exécute.
13h45: Je suis de retour au boulot. Et là tout le monde me dit: ‘Ah t’es allée au ski récemment, t’as bronzé c’est chouette!’
Après un petit passage aux toilettes, je me rends compte que ma carnation est beaucoup, beaucoup plus foncée qu’à l’habitude. Je ressemble plus à l’abricot qu’à la pêche sur ce coup là. Et comme d’habitude je suis plutôt du style cacheton d’aspirine, ça fait un choc.
Et évidemment je me suis sentie obligée de détromper mes interlocuteurs et de leur dire que non, ce n’était pas du bronzage alpin mais du maquillage posé à la truelle rapport à une séance de torture entre midi et deux. En gros, je me suis tapée la honte.
M’est avis que j’aurais plutôt du utiliser la crème gommante Pureté Florale d’Edenens… Ça m’aurait évité de me faire lacérer, de me prendre des remarques ébahies sur ma peau d’extraterrestre et en plus de payer 50€ pour ça. Bizarrement je n’y suis pas retournée depuis… Surtout qu’effectivement il me restait plein de points noirs!
Ceci est ma participation au concours de LMO pour gagner un millefeuille d’Edenens. C’est ma peau qui serait contente!


